Nom: Estergas

Population: 38.000

Race: Naine

Activité: Combat, commerce, mercenariat et tourisme.

Histoire: Estergas est l'une des grandes cités fortifiées de Grohlmera. Sa réputation dépasse largement les frontières de la région et son nom est connu dans tout Eberos. Deux particularités ont fait sa renommée.

La première est son arène, l'une des deux dernières arènes de combattants encore pleinement légales sur le continent. On y organise des affrontements entre gladiateurs volontaires, amateurs ou professionnels, pouvant aller jusqu'à la mort. Certains jours, l'arène ouvre ses portes à des groupes d'aventuriers qui peuvent tenter d'affronter des créatures rares et particulièrement dangereuses. Le premier groupe à terrasser la bête repart avec une récompense considérable. L'arène est devenue le cœur économique d'une partie de la ville : paris, vente d'armes et d'armures, objets magiques, potions, soins, bénédictions, mercenariat et nombreux services destinés aux combattants s'y sont développés.

L'arène emploie également ses propres aventuriers, envoyés aux quatre coins d'Eberos pour capturer ou abattre des créatures légendaires destinées aux prochains spectacles. Les combattants les plus célèbres deviennent de véritables vedettes locales, suivies par des admirateurs et entourées de marchands cherchant à profiter de leur renommée. Cette concentration d'argent et de combattants attire cependant son lot d'arnaqueurs, de trafiquants et de criminels. Estergas possède ainsi un important réseau souterrain dont l'étendue réelle reste inconnue. Une règle non écrite circule parmi les habitués : à Estergas, on ne laisse jamais ses affaires sans surveillance.

La seconde particularité de la ville se trouve dans son quartier ouest, ou plutôt dans ce qu'il en reste. Plusieurs siècles auparavant, Estergas accueillit le Festival de l'Éclipse, la plus grande célébration annuelle d'Eberos. Les festivités étaient notamment honorées par la présence de Mihr, dieu de la nuit, et de Zemyaza, déesse du jour, qui apparaissaient traditionnellement durant la célébration.

Cette année-là, un sorcier nommé Vaelrûn l'Inversé, célèbre pour avoir étudié la magie permettant de transformer les ombres en matière et la lumière en énergie destructrice, décida de profiter du rassemblement pour accomplir ce qu'il considérait comme son œuvre ultime : tuer les deux divinités devant leurs propres fidèles. Pour parvenir à ses fins, il avait conclu un pacte avec Azhraël, le Prince des Cendres, un puissant diable dont le nom était déjà associé à plusieurs catastrophes anciennes.

L'attaque transforma le festival en champ de bataille. Vaelrûn et son maître démoniaque affrontèrent directement Mihr et Zemyaza tandis que les deux divinités consacraient une grande partie de leur puissance à protéger les milliers de festivaliers pris au piège. Le combat fut d'une violence exceptionnelle. Les rues furent éventrées, les bâtiments détruits et une partie entière du quartier fut ravagée par les pouvoirs combinés des quatre adversaires.

Lorsque la majorité des civils fut finalement mise à l'abri, les deux divinités purent libérer davantage de leur puissance. Le combat se poursuivit jusqu'à la défaite de Vaelrûn et d'Azhraël. Mihr et Zemyaza sortirent néanmoins de l'affrontement considérablement affaiblis. Leur victoire fut incontestable, mais personne ne prétendit qu'elle avait été facile.

Le quartier ouest ne fut jamais reconstruit.

Aujourd'hui, ses ruines forment une immense zone abandonnée au cœur d'Estergas. Les bâtiments effondrés sont recouverts d'une végétation qui semble pousser à une vitesse anormale. Des arbres traversent les anciennes habitations, des racines soulèvent les rues pavées et des esprits sont régulièrement aperçus dans les ruines. Plusieurs tentatives de réhabilitation ont échoué : les plantes repoussent presque immédiatement et les phénomènes surnaturels deviennent de plus en plus fréquents à mesure que l'on s'enfonce dans le quartier.

Les habitants sont convaincus que Vaelrûn et Azhraël ont maudit les lieux avant leur défaite. Rien ne permet cependant de confirmer cette théorie.

Les quartiers voisins ont développé leur propre folklore autour des ruines. On raconte qu'une maison change de place durant les nuits sans lune, qu'un ancien festivalier continue de chercher sa famille depuis plusieurs siècles ou encore que certaines voix peuvent appeler les vivants par leur véritable nom. Une partie de ces histoires est manifestement inventée. D'autres sont suffisamment précises pour mettre mal à l'aise même les plus sceptiques.

Le spiritisme, les médiums et les chasseurs de fantômes sont ainsi devenus particulièrement nombreux à Estergas. Entre l'arène, les criminels, les aventuriers et les ruines hantées, la ville possède une réputation unique dans tout Eberos : celle d'un endroit où l'on peut gagner une fortune en combattant un monstre le matin, perdre son argent dans un pari l'après-midi et entendre un mort raconter son assassinat le soir.