Nom : Suraksha
Population : 70 000 habitants
Race : Humaine majoritaire
Activité : Extraction et taille de pierre blanche, architecture funéraire, fabrication de stèles commémoratives, construction d'Astaan, élevage et dressage de griffons, commerce et combats d'arène.
Histoire :
Suraksha est bâtie sur le sommet et les flancs d'une immense colline dont le cœur est constitué d'une pierre blanche presque parfaitement immaculée. On ne connaît aucun autre gisement comparable en Eberos, faisant de cette pierre l'une des principales richesses de la cité.
L'exploitation a profondément façonné Suraksha. Une immense carrière s'enfonce directement sous la ville et forme aujourd'hui un gigantesque creux autour duquel se sont développés les quartiers. Des centaines de systèmes de poulies permettent aux mineurs et aux ouvriers de descendre dans les profondeurs. Au fond de la carrière, d'immenses griffons de levage remontent continuellement des chariots chargés de pierre jusqu'à la surface.
Le spectacle est devenu indissociable de la ville. Les griffons sont aujourd'hui élevés, dressés et entretenus à Suraksha dans de véritables installations spécialisées. Une importante population de dresseurs, soigneurs, éleveurs et artisans travaille autour de cette activité. Posséder l'un de ces animaux est extrêmement coûteux et leur utilisation pour le transport de matériaux nécessite un entraînement particulier.
Mais la pierre blanche a donné à Suraksha une autre spécialité, beaucoup moins réjouissante.
Avant l'année 3668, la ville était déjà réputée dans tout Eberos pour son savoir-faire funéraire. Ses tailleurs de pierre fabriquaient certaines des plus belles pierres tombales du continent et ses artisans étaient recherchés pour la construction de monuments, de caveaux et de cercueils.
Puis vint l'interdiction d'enterrer les morts. Après plusieurs catastrophes provoquées par des nécromanciens capables de relever les cadavres enterrés, le Cercle Ésotérique interdit définitivement l'inhumation en Eberos. Les corps devaient désormais être brûlés et chaque ville devait mettre à disposition un Astaan, lieu destiné au souvenir des défunts. Suraksha aurait pu perdre une grande partie de son économie. Elle fit exactement l'inverse. Ses artisans se reconvertirent dans la fabrication de plaques commémoratives et dans la construction des Astaan. Du cuivre soigneusement gravé aux plaques d'obsidienne couvertes de lettres peintes à l'or et serties de pierres précieuses, les ateliers de Suraksha proposent des monuments adaptés à toutes les fortunes.
Ses bâtisseurs développèrent également un modèle d'Astaan devenu progressivement la référence dans une grande partie d'Eberos : de grands bâtiments de pierre blanche, ouverts sur l'extérieur par d'immenses arches, remplis de lumière et de végétation. Des bacs et des pots sont prévus pour accueillir les fleurs déposées par les familles, tandis que l'architecture privilégie l'entretien facile et l'accessibilité. Chaque ville reste libre de construire son Astaan comme elle le souhaite, mais lorsqu'un gouverneur veut faire construire quelque chose de particulièrement beau, il finit très souvent par appeler un architecte de Suraksha.
La ville possède également une tradition plus controversée : les Purificateurs.
Créée après l'interdiction de 3668, cette unité parcourait le territoire humain afin de proposer aux familles qui le souhaitaient de retirer les anciens corps encore présents dans les cimetières et de les faire brûler. Le Cercle n'ayant jamais souhaité imposer le déterrement des morts anciens, l'initiative resta volontaire et financée par les villes ou les familles qui faisaient appel à eux. Les Purificateurs existent encore aujourd'hui sous une forme commerciale. Leur travail est devenu rare, mais certaines communes sollicitent encore leurs services lorsqu'un ancien cimetière doit être réhabilité ou qu'un risque lié à la nécromancie est suspecté. Cette activité a laissé une empreinte particulière sur Suraksha. Certains quartiers spécialisés dans les plaques commémoratives, les ateliers funéraires et les anciens bâtiments de purification possèdent une atmosphère assez particulière. La mort y est omniprésente, mais rarement traitée avec tristesse. Elle est devenue un artisanat, un souvenir que l'on façonne et que l'on expose.
Enfin, Suraksha possède l'une des deux seules arènes légales d'Eberos. Installée sur un vaste plateau de la ville, elle ressemble davantage à un ancien colisée qu'à une simple enceinte de combat. Son fonctionnement est similaire à celui d'Estergas : combats volontaires, affrontements contre des créatures, groupes d'aventuriers, paris et récompenses importantes. La différence fondamentale est sa propriété. L'arène est entièrement privée. Son propriétaire change occasionnellement et chaque nouveau maître arrive avec son propre projet pour faire de l'établissement l'attraction incontournable du continent. Certains modifient les règles, d'autres changent les catégories de combat ou investissent massivement dans de nouvelles créatures. Jusqu'à présent, aucun n'a réellement réussi à transformer le fonctionnement de l'arène. Elle reste rentable, mais son activité est nettement plus occasionnelle que celle d'Estergas. L'aventure étant moins répandue dans le sud de Bergebeuge, les combattants sont moins nombreux, les groupes d'aventuriers moins fréquents et les créatures suffisamment intéressantes pour remplir les programmes sont plus difficiles à obtenir.
Suraksha n'en demeure pas moins une ville singulière. Sous ses pieds, des milliers de mineurs extraient une pierre blanche unique. Au-dessus d'eux, des griffons transportent chaque jour des tonnes de roche. Dans ses ateliers, des artisans transforment cette pierre en monuments dédiés aux morts. Et quelques rues plus loin, une foule hurle dans un colisée en regardant des hommes et des monstres s'entretuer.